Dans la bataille pour la compétitivité, l’information et la formation détenues par le plus grand nombre de personnes sont la source de la puissance. Rappelons, à ce sujet, la phrase de Peter Drucker : " La productivité du savoir est devenue la clé de toute supériorité concurrentielle, de toute réussite économique ".
Ceci explique que la formation continue, pour une meilleure adaptation des dirigeants, sera appelée à devenir l’investissement prioritaire des entreprises qui voudront relever le défi de la compétitivité. La formation doit être considérée comme faisant partie intégrante du travail et des responsabilités des cadres à tous les niveaux.
Un des critères de l’évaluation des cadres devrait comprendre leur capacité à former ou faire former leurs proches collaborateurs aux changements techniques et technologiques.
Ainsi, sera mis en exergue, dans le cadre normal de la fonction management général et de la gestion des hommes, le rôle formateur des cadres.
Ce sont eux qui sont le mieux à même de définir les besoins de formation de leurs collaborateurs. Recruter un cadre et ne pas le former est une faute de management.
L’échéance européenne est, par ailleurs, un défi à l’entreprise, mais aussi un défi à la formation. L’Europe exige de nouvelles compétences et donc de nouvelles connaissances.
UNE PRÉROGATIVE DE LA HIÉRARCHIE
La formation est une prérogative de la hiérarchie. Tout cadre en position d’autorité et de commandement devrait s’efforcer de promouvoir le développement continu et programmé de ses équipiers, répondre positivement à leur volonté de perfectionnement et s’efforcer, sur la base de leurs aptitudes et connaissances, de les affecter aux postes les plus appropriés.
La nouvelle diffusion du savoir passe donc par une formation de haute qualité, où la seule vertu n’est pas l’accumulation du savoir, mais bien l’amélioration du professionnalisme du cadre formé. Car, à l’issue d’une action de formation, la question clé est : " Que sait maintenant faire le cadre nouvellement formé ? ".
Le programme de formation doit être évalué, non plus en fonction de son contenu, mais en fonction de son utilité pour les cadres, c’est-à-dire leur capacité à accomplir des tâches spécifiques, à assumer telle fonction, à mener à bien telle action, à produire tel résultat indispensable pour la survie de l’entreprise.
Les avancées des techniques et de la science du management imprègnent et bouleversent donc l’environnement pédagogique de la formation continue qui, elle-même, transforme la vie professionnelle.
UN MÉTIER DE LA FINANCE
La pédagogie se rapproche de plus en plus de l’ingénierie : elle consiste à mettre en place un dispositif complexe de moyens variés faisant appel à toutes les dimensions de l’individu (cognitive, affective, psychomotrice) pour le conduire progressivement vers l’objectif final.
Cet apprentissage du savoir-faire exige de la formation continue des cadres qu’elle prenne en compte principalement le comportement global de l’homme, au lieu de ne s’intéresser qu’à sa tête.
Mais il appartient à l’entreprise, et à elle seule, de bien définir l’objectif final de cette formation. C’est à elle de préciser aux formateurs les objectifs recherchés, de définir le type précis de compétences dont elle a besoin, de décrire le contenu des nouveaux métiers qui seront offerts en adéquation avec la stratégie de redéploiement industriel.
A ce prix, la formation est utile et efficace, mais en faisant bien attention que même l’efficacité opérationnelle a des limites.
A vouloir former des hommes bien adaptés pour une tâche précise, le risque est grand, en effet, qu’ils n’en soient que plus inaptes à entreprendre autre chose. Il ne faut donc pas tomber dans l’excès inverse, sous prétexte de la simple recherche du savoir-faire. C’est pourquoi, la formation continue des cadres financiers fait partie des métiers de la finance.